Si vous aimez l’illustration médiévale, ses chevaliers raides comme des piquets, ses saints auréolés et ses bestiaires qui ont manifestement été inventés après une nuit blanche… Averjan M. (alias Gravestench Art) va vous donner exactement ça. Mais avec un petit “bonus” : une mythologie visuelle obstinément sombre, comme si un manuscrit du XVe siècle avait fusionné avec une pochette de black/death metal.

L’artiste est présenté comme un illustrateur dark-art connu pour ses “tartaric engravings” : des dessins noir et blanc ultra détaillés, qui ressemblent à des gravures médiévales contemporaines, parfois relevées d’un accent rouge sang (parce que pourquoi se priver).

Une illustration médiévale… mais version “chronique d’un monde en ruine”
Là où beaucoup d’illustrations médiévales se contentent d’imiter l’enluminure ou la gravure, Averjan M. pousse l’idée plus loin : il construit un univers récurrent, presque une “fausse Histoire” cohérente. On y croise des duels, des croisés, des gibets, des guerriers squelettiques, des saints martyrisés, et tout un arsenal d’emblèmes occultes.

Les titres de ses séries (Decline and Decay, Oppression of the Weak, Arrows of Entropy) participent à l’effet “chapitre d’une saga”. On n’est pas devant une image isolée : on est devant un fragment d’épopée… où l’optimisme a été banni du royaume.

Et si votre curiosité penche davantage vers le folklore “hors Europe”, vous pouvez faire un détour par la mythologie russe illustrée par Victor Sukhochev (ambiance créatures, légendes et étrangeté très photogénique).

Technique : fineliner, hachures et densité de noir (aka “le trait qui ne lâche rien”)
Ce qui donne à cette illustration médiévale son côté “gravé”, ce n’est pas un filtre : c’est du dessin patient, serré, discipliné. Le rendu au fineliner est très dense, avec un trait extrêmement précis.

Sur Instagram, Averjan M. se décrit comme réalisant des “tartaric engravings” depuis 2021 et indique son ancrage entre Saint-Pétersbourg et Wrocław, tout en proposant des commissions. On retrouve aussi l’idée d’éditions/prints, parfois sur papier craft, ce qui renforce encore le côté “objet ancien” (mais sans l’odeur de crypte… normalement).

Si vous aimez les noirs et blancs qui racontent des mondes entiers, vous devriez aussi apprécier les dessins mythologiques et fantastiques de David Alvarez.

Pourquoi ça accroche : l’imaginaire médiéval n’a jamais été “mignon”
Le Moyen Âge visuel, le vrai, n’était pas toujours “château Disney + tournoi”. Entre les marges de manuscrits, les sculptures d’églises, les allégories et les créatures improbables, il y a déjà une base solide pour dériver vers le cauchemar poétique. Averjan M. ne “rajoute” pas du macabre : il remet en avant ce que l’imaginaire médiéval contient déjà… et l’accorde à une sensibilité contemporaine.

D’ailleurs, si vous voulez une preuve que le médiéval peut être délicieusement gênant, il y a ce classique maison avec les chats horribles des peintures médiévales.

Détails qui font mouche : héraldique, emblèmes et symboles “à lire” autant qu’à regarder
Une bonne illustration médiévale, c’est souvent une image qu’on décode : armoiries, signes, motifs, répétitions. Chez Gravestench Art, les emblèmes et ornements participent au récit (et au plaisir du zoom). Si ce goût du symbole vous parle, vous pouvez creuser l’idée côté design pur avec le dessin de kamon, ce blason familial japonais.










Sources pour aller plus loin
Toutes les images: crédits Gravestench Art
• Le compte Instagram de l’artiste ici
• Son tumblr là
• Design you trust
Et pour rester dans le mythologique mais avec une autre palette (et d’autres dieux pas forcément plus cléments), découvrez aussi Namaha : mythologie indienne dans les illustrations d’Abhishek Singh.