Il y a des artistes qui peignent des forêts. Et puis il y a Ulla Thynell, qui semble peindre la sensation d’entrer dans une forêt juste avant la nuit : l’air humide, le silence qui s’épaissit, et ce moment où votre cerveau murmure « ok… il y a peut-être un renard… ou une licorne… ou un renard qui a lu trop de mythologie ». Cette illustratrice finlandaise construit des mondes doux et oniriques où le folklore nordique devient une forme de magie d’évasion, très “cocon”, très “clairière intérieure”.

Une forêt nordique en “rêve lucide”
Basée près d’Helsinki, Ulla Thynell est connue pour ses images qui flirtent avec le conte : forêts denses, ciels étoilés, brumes veloutées, et des animaux qui semblent avoir une double vie (mi-faune, mi-fable). Ce qui accroche, c’est cette idée d’abri : la canopée devient un plafond, la brume un rideau, la lumière une invitation. On ne vous raconte pas tout… mais on vous donne envie de rester.

Si cette atmosphère vous parle, vous avez déjà sur dessein-de-dessin.com des univers cousins à explorer : les aquarelles vaporeuses de Gill Bustamante jouent, elles aussi, sur la douceur des valeurs et des transitions de brume.

La “recette” : aquarelle, encres, crayons… et un soupçon de numérique
L’artiste travaille principalement avec aquarelle, encres, stylos et crayons de couleur, parfois complétés par une retouche numérique légère (pour ajuster une ambiance, un contraste, une texture). Rien d’agressif : plutôt une post-production discrète qui sert le papier au lieu de le trahir.

Techniquement, l’effet “forêt de velours” repose sur des leviers simples mais redoutables. D’abord, la superposition de couches transparentes (glacis) : on creuse la profondeur sans durcir les formes. Ensuite, le contraste de valeurs : de grandes masses sombres (troncs/sous-bois) et, en réponse, des points lumineux (étoiles, clairières, lueurs) qui guident l’œil. Enfin, la gestion des bords : contours fondus dans la brume, plus nets sur un élément “important”. C’est souvent là que naît l’impression de rêve : l’image décide de ce qui est certain… et de ce qui reste une hypothèse.

Dans un autre registre, si vous aimez quand l’aquarelle devient carrément narrative (avec ce petit frisson “conte moderne”), les aquarelles de contes de fées d’Anna Speshilova sont une belle passerelle.

Lumière d’étoiles
La sensation de “starlight” (lumière d’étoiles) tient rarement à un seul truc magique. En traditionnel, on la fabrique souvent avec des réserves (laisser le blanc du papier respirer), des rehauts clairs (gouache, encre blanche, gel pen), et surtout une composition qui accepte le noir comme matière vivante. Chez Thynell, les étoiles ne sont pas de simples points : elles deviennent une texture émotionnelle, une météo intérieure.

Si vous aimez la fantasy en aquarelle mais avec un versant plus sombre (et délicieusement inquiétant), vous pourriez aussi apprécier les aquarelles fantastiques et sombres d’Amber Ma, très efficaces sur l’atmosphère.

Folklore nordique : la légende murmurée plutôt que la saga qui hurle
Ce qui rend ces images “nordiques”, ce n’est pas seulement le décor. C’est la narration implicite : on sent le conte sans que l’image force un scénario. Ulla Thynell a d’ailleurs illustré le livre Nordic Tales (Chronicle Books, 2019), un recueil de contes traditionnels nordiques illustrés de manière contemporaine. Résultat : une fantasy douce, plus “légende chuchotée” que “bataille épique en 4K”.

Dans cet esprit, si vous cherchez une autre porte d’entrée vers le féerique en aquarelle, les aquarelles féériques de Stephanie Pui-Mun Law peuvent prolonger le voyage sans changer de continent émotionnel.

Sources pour aller plus loin
Toutes les images: crédits Ulla Thynell.
• Le site web de l’artiste
• Son compte Instagram
• Chronicle Books
• Design You Trust